Okwui Enwezor, 1er Commissaire africain de la Biennale de Venise

C’est l’Homme de l’Art du moment,  incontournable sur la scène contemporaine !

Okwui Enwezor qui a  été le premier commissaire d’origine africaine  de la Biennale de Venise l’année dernière, est peu connu du grand public alors que depuis vingt ans, cet Americano-Nigérian règne sur les plus grandes manifestations de l’art contemporain.

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Il est partout, Okwui Enwezor. Depuis la Biennale de Kochi, en Inde du Sud, le 18 décembre 2014, à quelques mois plus tôt, celle de Gwangju, en Corée. Mais c’est finalement à Munich que l’on peut le rencontrer en Europe  à la Haus der Kunst, qu’il dirige depuis 2011. Un lieu austère et glacial : l’architecture martiale avait été conçue par Hitler pour abriter « l’art vrai et éternel du peuple allemand ». Au­jourd’hui, c’est l’un des musées européens les plus réputés. Mais le détail historique ne manque pas de sel quand on sait que l’actuel maître des lieux a la double nationalité nigériane et américaine.

Si le bâtiment intimide, Enwezor, lui, hypnotise : voix chaude qui soupèse et déguste chaque mot, regard grave de « vieux sage » – il a à peine 52 ans. Son ami, le commissaire d’exposition Francesco Bonami, prévient : « Okwui, c’est le serpent du Livre de la jungle. Il a la rhétorique et le sourire qui vous piègent. Une fois que vous l’aurez quitté, vous ne vous souviendrez plus de quoi il a parlé, mais le charme agira encore. »

Né le 23 octobre 1963  à Kalaba au Nigéria, il arrive aux États-Unis à l´âge de 19 ans. Grand voyageur, il écrit, donne des conférences et organise des expositions jusqu’à la création du journal NKA qu’il lance en 1993, après des études de sciences politiques; l’objectif principal de ce journal étant de créer un forum critique centré sur l’écriture des artistes Africains et ceux de la diaspora, dont les oeuvres sont parfois invisibles ou absentes de publications importantes.

Il vit entre New York – où il est entre autres professeur invité de la chaire Joanne Cassulo au Whitney Independant Study Programm du Whitney Museum of American Art – et Munich. Il est aussi conservateur associé à l’International Center of Photography de New York, et rédacteur en chef de sa revue Nka : Journal of Contemporary Art; publiée par Duke University Press.

Des expositions internationales aux musées, de l’enseignement supérieur au monde de l’édition, il mène de front plusieurs carrières: commissaire d’expositions, conservateur, écrivain et de critique d’art.
Parmi ses responsabilités universitaires, Okwui Enwezor a été Doyen et Vice-président du San Francisco Art Institute (2005-2009) ; Professeur invité de la Faculté d’histoire de l’art et de l’architecture à la Pittsburgh University ainsi qu’à l’Illinois University à Urbana-Champaign, Professeur invité de la Faculté d’histoire de l’art et d’archéologie à la Columbia University de New York, Professeur invité dans la chaire Kirk Varnedoe de l’Institute of Fine Arts à la New York University.
Parmi ses nombreuses responsabilités curatoriales, il a été le directeur artistique de la 2e Biennale de Johannesburg, de la Documenta 11 de Kassel (1998-2002), de la 2e Biennale internationale d’art contemporain de Séville (2005-2007) et de la 7e Biennale de Gwangju (2008). Okwui Enwezor a également été le commissaire de nombreuses expositions dont The Short Century : Independence and Liberation Movements in Africa, 1945-1994, au Museum Villa Stuck de Munich ; Century City à la Tate Modern de Londres ; Mirror’s Edge, au Bildmuseet d’Umea ; In/Signt : African photographers, 1940-present, au Guggenheim Museum ; Global Conceptualism au Queens Museum de New York ; David Goldblatt : Fifty One Years, au Museu d’Art Contemporani de Barcelone ; Stan Douglas : Le Detroit, à l’Art Institute de Chicago ; Snap Judgement : New Positions in Contemporary African Photography, à l’International Center of Photography de New York ; The Unhomely : Phantom Scenes in Global Society, au Centro Andaluz de Arte Contemporáneo de Séville et Archive Fever : Uses of the Document in Contemporary Art, à l’International Center of Photography de New York.
Parmi ses publications récentes, on peut citer : Archive Fever : Uses of the Document in Contemporary Art (Steidl et ICP, 2008), Contemporary African Art Since 1980 (Damiani Editore, 2009), en collaboration avec Chika Okeke-Agulu. Il est le co-éditeur avec Terry Smith et Nancy Condee de Antinomies of Art and Culture : Modernity, Postmodernity, Contemporaneity (Duke University Press, 2008). Plusieurs nouveaux livres édités dont  James Casebere : Works, 1975-2010, une monographie de l’artiste américain ainsi que Archaeology of the Present : The Post-colonial Archive, Photography and African Modernity  publié en 2012.
Nigérian de naissance, s’il a fait ses études en Angleterre puis à New-York, et travaille entre l’Europe et les Etats Unis, ses racines africaines font de lui l’ambassadeur de l´art contemporain africain, sur la scène internationale.

Sources: Roxana Azimi Le Monde Janvier – 2015, Palais de Tokyo – 2011, African success – 2013

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