La rentrée du Marché de l’Art Contemporain Africain … A boom for real *?

2 Foires, 1 Rétrospective, et des Artistes sur le devant de la scène … Une offre plus variée et plus visible

Si début Septembre à Paris, le finissage de l’exposition Art/Afrique, le nouvel atelier à la Fondation Louis Vuitton – qui a consacré les artistes historiques et présentait les « nouveaux » talents de la scène contemporaine africaine avec un coup de projecteur remarqué vers l’Afrique australe -, a semblé « marquer le pas » d’une année particulièrement prolixe notamment en France, c’était sans compter dès le début Octobre, un 1er Rendez-Vous à Londres attendu par les collectionneurs et amateurs d’Art Contemporain du Continent Africain et de sa diaspora, la 5ème Edition de 1:54, Contemporary African Art Fair.

Dans cette édition, de belles surprises avec la participation de nouvelles galeries en provenance du Maghreb, du Nigeria, d’Afrique Australe, d’Europe – avec une prédominance londonienne – et des galeristes, qui durant la Frieze Week ont fait le pari d’attirer de nouveaux collectionneurs sur ce marché en vogue, affichant fièrement leurs choix artistiques et proposant des solo shows (chez Tyburn, 50Golborne, Tiwany notamment).

A Frieze London, on n’a pas échappé à la tendance**, et des artistes ont été mis soudainement sur le devant de la scène, comme Billie Zangewa, révélée par la galerie de Johannesburg, Afronova.

A Paris, la FIAC a pris rapidement le relais et de belle manière, en exposant sur son nouvel espace On Site, au Petit Palais des installations d’artistes africains de renommée internationale (Barthélémy Toguo et Otobong Nkanga).

Et le 19 Octobre dernier, le vernissage à la Fondation Cartier de la rétrospective Malick Sidibé, Mali Twist consacrée au photographe malien, a attiré des amateurs toujours plus nombreux de la photographie africaine, d’autant que le commissariat de cette exposition a été confié à l’indispensable André Magnin qui a souhaité rendre un bel hommage à l’artiste – suite à sa disparition en 2016 – et ce, 22 ans après la 1ère exposition de ses photos, en présentant des tirages d’exception puisque d’époque et réalisés par l’artiste lui-même entre 1960 et 1980.

Un marché domestique qui se structure… à sa façon 

En attendant dès le 10 novembre prochain la 2ème Edition qui s’annonce très prometteuse de AKAA, le nouveau rendez-vous annuel parisien de la « vitrine de l’art contemporain et du design centrée sur l’Afrique », qui se tiendra comme l’année précédente au Carreau du Temple, c’est le moment d’évoquer les véritables tenants et aboutissants de ce « nouveau » marché, soient les artistes de cette scène et leurs collectionneurs.

Si les galeristes du continent choisissent de privilégier une zone géographique afin d’attirer les nouveaux talents de leur territoire et de « construire » leur offre, les artistes « cherchent » encore leur marché, notamment sur le continent, même si celui-ci leur propose des espaces de renommée internationale (et le dernier en date a été inauguré fin Septembre à Capetown, le Zeitz Museum – MOCAA),  et souhaitent diffuser leurs œuvres le plus librement possible…

Au gré des Foires internationales – où ils sont souvent exposés dans plusieurs galeries à la fois -, ou bien encore lors d’expositions ou de ventes aux enchères dédiées, ils recherchent le partenaire qui leur offrira le plus beau « coup de projecteur » et privilégient souvent la vente en direct, exposant en ligne leurs oeuvres, dès leurs premiers travaux consacrés, conscients de l’exposition que le marché leur offre! Et c’est une tendance nouvelle du Marché de l’Art, remarquée notamment pour les marchés émergents, à surveiller de près, car, si ce sont les collectionneurs qui font in fine le marché, et ce, soutenu par les choix des galeristes et la mise en lumières des curateurs, l’offre est souvent aujourd’hui dans les mains des artistes qui se sont familiarisés avec les lois du Marché de l’Art et qui se voient alors confier en partie, la difficile mission de la gestion de leur cote dans la durée…

De nouveaux partenaires comme des plateformes en ligne suivent la tendance, et la dernière en date SingulArt propose une mise en relation « curatée »*** mais sans autre intermédiaire, de l’artiste à son acheteur, comblant alors parfois un manque de visibilité et/ou de notoriété.

Une demande qui s’organise et un sourcing qui se professionnalise

Certaines maisons de ventes (et notamment à Paris, Piasa) ont rapidement intégré ces nouvelles tendances et proposent notamment des expositions-ventes d’artistes reconnus, et en quête de notoriété sur un nouveau « marché » (zone géographique).

Les amateurs d’art contemporain découvrent alors une scène très en vogue et franchissent le pas; et les collectionneurs quant à eux ne s’y trompent plus et recherchent déjà les futurs talents….

Alors l’essor du Marché de l’Art Contemporain Africain, une tendance ? ….  Plutôt une réalité de marché et des artistes enfin consacrés !

* expression/slogan utilisée par Jean-Michel Basquiat, retrouvée écrite dans 2 de ses toiles – et Titre de l’exposition éponyme, en cours au Barbican Center à Londres.

**évolution perceptible d’un phénomène sur une longue durée

***les artistes sont sélectionnés à partir de critères de marché: formation, exposition, récompenses, présence dans les collections…

 

 

 

 

 

 

 

 

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